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Nous voilà revenus il y a 4,5 milliards
d'années. Notre planète n'est alors qu'une immense
boule de lave, de gaz et de vapeur. Au fil du temps, elle va se
refroidir et se solidifier lentement. Les matières les
plus légères vont rester en surface pour former
la croûte terrestre. La vapeur d'eau, avec la température
qui continue de baisser, va alors se transformer en pluie, formant
ainsi les premières mers. A cette époque, il n'y
a qu'un seul continent. Bien entendu, pour en arriver là,
il nous a fallu beaucoup, beaucoup de patience. Avec ce nouveau
climat, nouveau paysage, apparaît enfin la vie
C'était
il y a 3,5 milliards d'années.
Cette vie fait son apparition dans les mers (encore
peu profondes) et va voir, en 3 milliards d'années, plus
de 1000 espèces naître (toutes issues du milieu aquatique).
La vie sur la terre ferme est inexistante car sans végétation.
Les premiers vertébrés font leur apparition (-500
millions d'années)(-500 MA). Ils ont une carapace et sont
peu adaptés à la vie sous marine, tout comme les
premiers poissons.
Du
Silurien au Dévonien, c'est à dire entre -425 MA
et -345 MA, des changements importants pour nous, s'opèrent.
Les poissons évoluent et deviennent de véritables
chasseurs. C'est une période capitale pour l'évolution
marine car elle voit apparaître 2 types de poissons : ceux
à nageoires rayonnantes et ceux à nageoires à
base musculaire (exemple, le CLACANTHE (voir photo), qui
existe toujours ! ! !). Les RHIPIDISTIENS, issus de la deuxième
catégorie de poissons (base musculaire), vont connaître
pour certains, une migration terrestre. En effet, les plantes
font progressivement leur apparition sur la terre (elles ne vivaient
jusque là que dans l'eau). Elles gagnent, par leur évolution,
en autonomie, et peuvent conquérir des régions plus
désertes. La végétation devient luxuriante.
Du coup, les premiers insectes font leur apparition, suivi de
leurs prédateurs naturels
Ces derniers vont donc
s'adapter au mode de vie terrestre, tout en évoluant dans
l'eau (leur milieu d'origine). La fin du dévonien voit
l'apparition des premiers vertébrés amphibiens (issus
d'une branche de poissons primitifs) à partir desquels
vont naître les vertébrés terrestres
Tous les terrestres ont une lointaine origine aquatique.
Notre
orque, tel que nous le connaissons, est encore bien loin, mais
son ancêtre rôde
Entre -365 MA et -245 MA, de grands bouleversements vont avoir
lieu. A cette époque, les terres sont regroupées
en 2 parties ; le Gondwana au sud et la Laurasie au nord. Le reste
n'est qu'océan. C'est une période de prolifération
d'espèces sur la totalité de la planète,
sous l'eau comme sur terre. Mais voilà que les dinosaures
font leur apparition au Triasique (-230 à -180 MA). Si
la période du Jurassique (-180 à -135 MA) est associée
à ces terribles carnivores, il faut surtout noter, en ce
qui nous concerne, que c'est la période où apparaissent
les oiseaux, les mammifères et les grands reptiles marins
(dont notre ichtyosaure, qui sera le premier reptile à
l'apparence de poisson !). Le début du Crétacé,
qui va de -135 MA à -65 MA, va, quant à lui, annoncer
un véritable bouleversement planétaire, qui va conduire
à la fin des dinosaures, à la suprématie
des mammifères et à l'apparition des ancêtres
des dauphins et baleines
En effet, il y a 135 MA, le Gondwana va se briser
pour former l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Antarctique
et l'Inde. La Laurasie, elle, va former l'Amérique du Nord
et l'Eurasie. Ceci va créer un bouleversement climatique
qui va refroidir la planète, amorçant lentement
la fin des dinosaures. Mais un deuxième événement,
aussi brutal que spectaculaire, va accélérer ce
déclin
Nous voilà il y a 65 millions d'années.
Les dinosaures règnent sur la planète. Les mammifères,
de petite taille vivent parmi ces carnivores. Sous l'eau, de grands
reptiles sont devenu les maîtres des océans, parmi
les poissons, les mollusques
Rien ne pourrait arrêter
l'évolution de ce monde, rien sauf
une météorite.
Et c'est en effet une météorite,
de plusieurs centaines de mètres de diamètre, qui
fonce droit vers la terre et percute cette dernière (Yucatán
actuel). La puissance de l'impact est telle que la croûte
terrestre va trembler, s'ouvrir, créant ainsi une activité
volcanique intense. De gigantesques incendies se déclarent,
créant une fumée opaque qui va bientôt recouvrir
la quasi totalité de la planète. Cette fumée
est si épaisse que les rayons du soleil ne parviennent
plus à la traverser, créant une nuit interminable.
Mais l'impact a également créé une onde de
choc telle qu'une immense vague d'une hauteur de 100 mètres,
balaie tout sur son passage, en particulier les animaux marins
de grosse taille.
En fait, 2 effets cumulés vont anéantir les dinosaures.
Ces derniers sont à sang froid et ont besoin de la chaleur
du soleil pour se réchauffer (contrairement aux mammifères
qui sont à sang chaud et qui ont un système de thermorégulation).
Sans cette chaleur solaire, c'est la mort assurée pour
ces géants. Sans lumière, la végétation
va dépérir. Du coup, les grands herbivores n'ont
plus de quoi se nourrir et vont disparaître, et avec eux,
leurs prédateurs, les grands carnivores.
Ainsi, il y a 65 millions d'années, 80% des espèces
animales disparaissent.
Dans les océans, les grands reptiles marins, trop lents
sont tués par la lame de fond ou par le froid. Les poissons,
plus rapides vont mieux s'adapter et conquérir de nouveaux
lieux, auparavant inhabités, tout comme les céphalopodes.

C'est donc tout naturellement que les mammifères
vont s'imposer, comme l'avaient fait les dinosaures auparavant.
Mais la grande différence est qu'ils vont le faire sur
des continents distants. Ils vont encore plus se diversifier.
Jamais espèce animale ne se sera ainsi aussi bien adaptée
à un nouvel environnement.
Pour certains, la vie sur la terre ferme est
difficile (suite au cataclysme). Par stratégie, certains
groupes d'ongulés, ancêtres des ichtyosaures, vont
préférer chercher une nourriture plus abondante
vers les rivages. Ils vont formidablement bien s'adapter et évoluer,
au point d'adopter un mode de vie aquatique et se développer
en conséquence
Le corps, d'origine terrestre va donc évoluer
pour s'adapter au milieu marin. Aussi, les membres antérieurs
vont se profiler pour la nage, se recouvrant d'une enveloppe pour
former des nageoires. Les membres postérieurs vont s'atrophier
puis disparaître (ou rester à l'état de vestige).
La queue va suivre une lente évolution pour devenir nageoire.
Certains montrent particulièrement la période de
transition entre terrestre et aquatique.
Parmi
eux, le MESONYX, sorte de gros chien
à poils longs, qui avait des pattes à 5 doigts munis
non pas de griffes mais d'ongles robustes. Son comportement se
rapprochait de celui de nos actuelles loutres.
PAKICETUS
(-50 MA), de la taille d'un homme, dont les vestiges ont été
retrouvés au pied de l'Himalaya, vivait en Téthys.
Il possédait une bulle tympanique, dont le but est d'isoler
les sons en milieu aquatique. Il était un peu mieux adapté
au milieu marin.
Il est la preuve que les cétacés descendent des
mammifères terrestres, et plus particulièrement
des ongulés. Car le mystère de l'origine des cétacés
a souvent posé problème. Pour les paléontologues,
il faut chercher cette origine du côté des Mésonychiens,
ces ongulés carnivores. Mais pour les biologistes moléculaires,
il s'agirait des Artiodactyles, les ongulés herbivores.
Et bien, pas de jaloux, nos cétacés viennent, en
fait,
directement des CETARTIODACTYLES (qui comprennent également
les Artiodactyles). Ces résultats sont issus des travaux
de recherche de J.G.M. Thewissen, de l'université de l'Ohio,
aux Etats Unis, et de son équipe. Et c'est grâce
à PAKICETUS, cétacé archaïque du Tertiaire,
qu'ils sont arrivé à cette conclusion. Ils ont remarqué
qu'un os particulier de la cheville, l'Astragale, était
muni de 2 poulies qui lui permettaient une flexibilité
très importante. Or, jusqu'à présent, cette
particularité n'a été observée que
chez les Artiodactyles, ces ongulés herbivores dont descendent
les hippopotames (vous comprenez maintenant pourquoi nous
sommes remonté aussi loin dans l'évolution
).
D'autres études, menées par Philipp D. Gingerich
(université du Michigan) aboutissent à la même
conclusion. PAKICETUS et les Artiodactyles ont des liens indirects
entre eux, mais ils sont surtout issus du même groupe ;
les Cétartiodactyles. De plus, les travaux des 2 équipes
apportent la preuve que cétacés et Mésonychiens
n'ont aucun lien entre eux.
Il est important de préciser 2 choses;
tout d'abord, mis à part qu'ils sont issus d'un même
groupe ancêstral, hippopotame et Pakicétus n'ont
pas de lien direct. Ensuite, Pakicétus n'était pas
un aquatique (contrairement à ce que l'on a longtemps cru).
Les dessins le montrant comme un bon nageur (et parfois avec des
pattes palmées) et ayant une vie "aquatique"
est donc totalement fausse. Mais il est bien l'ancêtre des
baleines et dauphins.
AMBULOCETUS
(-47 MA): "le cétacé amphibie". Ses membres
postérieurs, de grande taille, permettent une propulsion
aquatique efficace, par battement (la queue, elle, est encore
courte). Les membres antérieurs, courts et peu mobiles,
servant peut-être de gouvernail. Ambulocetus avait un crâne
de cétacé, des poils et des pattes palmées.
Il était capable de vivre entièrement émergé
ou immergé. Evoquant l'otarie, il affiche 80 cm de long
environ.
ZEUGLODON
(-45 Ma); Autrefois appelé Basilosaurus (roi des lézards),
il mesurait 15 à 20 mètres et pesait environ 5 tonnes.
Il avait une dentition typique des terrestres (molaires, canines,
incisives), non adaptée à la vie marine (les poissons
glissent sur des dents classiques). Il chassait en eau peu profonde
et se reproduisait sur la terre ferme. Ses vertèbres n'étaient
pas soudées (contrairement à celles de l'orque)
et autorisaient donc une grande mobilité, mais obligeant
l'animal à se déplacer de façon sinueuse,
comme nos actuelles anguilles. Trop d'énergie dépensée
pour un déplacement limité, Zeuglodon n'était
pas totalement adapté au monde marin.
L'Eocène, qui va de -58 MA à -36 MA, verra l'arrivée
des Basilosauridés, Protocétidés et Dorudontinés
(ces derniers ressemblent, par leur apparence, à nos dauphins
actuels). Mais il y a 40 MA, la terre bouge à nouveau,
modifiant encore la température et le sens des courants
marins. La plupart des archéocètes ne survivront
pas à ces changement trop brutaux pour eux. Le dernier
archéocète (qui vient de ARKHIOS ; ancien et KETOS
; poisson) s'éteint il y a 30 MA. Mais nos fameux Dorudontinés
vont donner naissance à de nombreuses familles. Il y a
35 MA, les Agorophiidés, ancêtres des Odontocètes,
sont très adaptés à la vie aquatique. Ils
utilisent l'écholocation. ce sont de redoutables prédateurs,
aux dents efficaces. Ils s'éteignent il y a 20 MA, laissant
la place libre, 5 MA plus tôt, aux Kentriodontidés.
Un événement important intervient
voilà 25 millions d'années ; l'ordre se divise en
deux : les ODONTOCETES ( a dents ) et les MYSTICETES (fanons).
Les odontocètes développent un
système d'écholocation. C'est en fait un sonar biologique
très performant. Leurs dents sont identiques et coniques
afin de mieux attraper leurs proies. Les mysticètes vont,
eux, perdre leurs dents pour développer des lames appelées
fanons, qui servent à filtrer le plancton.
Nous sommes alors dans la période du Miocène
(-25 à -13 MA), appelée l'Ere de cétacés.
C'est en effet une véritable explosion d'espèces
qui a lieu dans les océans. Des Kentriodontidés,
vont naître les DELPHINIDES (nous y sommes), les Phocoenidés
(marsouins), les Monodontidés (béluga, narval) ainsi
que les Albireonidés (qui s'éteignent avant -2 MA).
C'est une période très
aquatique.
Le Pliocène (-13 à -2 MA), qui
termine le tertiaire, sera l'Ere des mammifères car sur
terre commence une nouvelle explosion d'espèces.
Le Quaternaire, qui commence à -2 MA,
confirme l'aboutissement des espèces marines. Notre orque
est bien présente. Elles n'évolueront que de façon
secondaire. Elles ont, en fait, les formes et caractéristiques
des dauphins et baleines que nous connaissons aujourd'hui. La
plus grosse évolution va se produire sur terre (évolution
ou cataclysme, à vous de choisir). Un animal, un singe,
évolue lui aussi, radicalement jusqu'à devenir
Homo Habilis. Il va conquérir les terres, décider
du sort des espèces et même décider de celui
de ses semblables. Il est si vaniteux, si sûr de lui, que
parfois Dame Nature le rappelle à l'ordre en lui faisant
comprendre que c'est la nature qui décidera du sort de
l'homme, pas l'inverse
Certains animaux, présents à l'Eocène,
ont vécu jusqu'à nos jours. Leur évolution
a été lente car leur mode de vie n'a pas radicalement
été modifié. C'est par exemple le cas d'HYDRODAMALIS
(jeune fille de l'eau) qui vécut, il y a 57 millions d'années
et qui ne fût découvert qu'en 1741, dans le détroit
de Béring. L'homme les a exterminés en moins de
30 ans... Bel exemple de ce que peut être la bêtise
humaine...
Aujourd'hui, l'homme est la principale cause
de disparition de divers espèces animales et végétales.
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