Les Orques sont elles en danger ?!!

Dans le monde aquatique, l'orque est au sommet de la chaîne alimentaire. Elle tue exclusivement pour se nourrir. Son rythme de reproduction étant relativement lent, on peut donc être amené à penser qu'il y a un certain équilibre. Certes, des chasseurs tuent encore des orques, dans le seul but de subvenir à leurs propres besoins. Il n'y a pas de commerce. De plus, des quotas sont imposés.

Alors, où est le problème ? En fait, tout ceci ne repose que sur de la théorie. Cet équilibre est donc d'une très grande fragilité. L'orque est au sommet de la pyramide, cela ne veut pas dire qu'elle n'est pas en danger. 4 facteurs principaux nous font penser que la paisible vie des orques ne tient qu'à très peu de choses; la technologie, la pollution, le commerce et la tradition.

 

 

LA TECHNOLOGIE:
L'homme, depuis toujours, développe de façon souvent aveugle, des nouvelles technologies. Celles ci peuvent parfois avoir des conséquences graves sur le milieu marin par exemple. Les dauphins (l'orque est un dauphin) sont très sensibles au champ magnétique, qu'ils utilisent pour le déplacement. Lorsqu'un objet métallique de grande taille est présent dans l'eau, le champ magnétique est fortement modifié, rendant ainsi la navigation hasardeuse, voire périlleuse. Le tunnel sous la Manche, qui permet de relier Paris à Londres en train, provoque une modification du champ magnétique. Celui ci est encore plus modifié lors du passage des trains dans le tunnel. Depuis la construction de ce tunnel, les scientifiques ont observé une modification des déplacement des cétacés. Le nombre des échouages est également en nette progression. Les foreuses, câbles électriques intercontinentaux, bateaux et/ou sous marins sont autant de brouilleurs de champs. Bien entendu, ces phénomènes sont très localisés mais ils contribuent, à long terme, à la disparition de la faune marine...

 

LA POLLUTION:
C'est le plus grand danger connu, concernant les cétacés. Car le processus d'inversion est très long. Il suffit parfois de quelques jours pour anéantir une zone, parfois plusieurs siècles pour la reconstruire. Quel magnifique spectacle que de pouvoir admirer les déesses de la mer que sont les Bélugas. Profitez en... Les dernières études scientifiques sont alarmantes. Ces animaux, qui étaient autrefois plusieurs millions, ne sont plus que quelques centaines de milliers. Par la pollution, leur habitat a été modifié, réduit. Leur système biologique a été touché au point que la plupart d'entre eux ne peuvent plus se reproduire (conséquence directe de la pollution chez la plupart des cétacés). Récemment, les chercheurs québécois ont remarqué une recrudescence de cancers chez les Bélugas du saint Laurent. Une hécatombe. Et les orques, s'ils ne connaissent pas ce triste sort, connaissent les même risques. On a pas encore réalisé de prélèvements sur la toxicité des tissus de l'orque mais celle du dauphin commun est connue: l'horreur. Les dauphins de la Méditerranée ont un taux de mercure 2 à 4 fois supérieur à la normale (140 mg/Kg au lieu de 50 mg/Kg). Pire, ce taux peut varier, dans certaines zones, entre 4000 et 7000 mg/Kg, avec une moyenne de 230 mg/Kg. De la science fiction !!! Peut être penserez vous que ces données sont alarmistes. Non!, elles sont simplement réelles. Le mercure, les hydrocarbures, les déchets plastiques et tant d'autres encore, sont des dangers constants qui causent la mort de milliers d'animaux chaque année. En fait, presque toute la faune sous marine a un taux de mercure supérieur à la normale. Les proies sont consommées, ce qui augmente alors le taux de toxine de leurs prédateurs respectifs...

 

LE COMMERCE:
Le commerce a des conséquences inégales mais souvent dramatiques. On ne compte plus les dauphins morts, pris dans les filets dérivants. Les orques, trop grosses, connaissent moins souvent une telle mort, même si elle sont aussi victimes de ces filets. En fait, elles sont confrontées à un problème différent. Les pêcheurs craignent souvent ces animaux, les rendant responsable de la fuite ou de l'absence de poisson. Durant les années 70-80, il n'était pas rare de voir des pêcheurs armés de fusils. Ils abattaient ainsi les orques pour les faire quitter les zones de pêche. Certains allaient même jusqu'à utiliser des explosifs... En 1989, en France, des pêcheurs d'une ville bretonne avaient eu l'autorisation de tuer une orque, craignant que celle fasse fuir le poisson. Heureusement, l'animal disparut avant le début de la traque... Aujourd'hui, ces problèmes n'existent plus car ces animaux sont localement très protégés.

En effet, la chasse aux cétacés est interdite et réglementée par la CITES (Convention of International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora). Néanmoins, le Japon a refusé de signer ce traité international, et continue, sous le couvert scientifique, de décimer les baleines grâce à des bateaux usines munis de harpons éléctro-pneumatiques (parfois munis d'explosifs). Ils chassent, tuent, mesurent, pèsent, découpent et... vendent l'animal. Un étrange côté scientifique condamné par la plupart des pays du globe. Il semblerait que le mot "scientifique" ait une toute autre signification au Japon. Cet équilibre est donc fragile car il suffit que quelques pays décident soudainement de chasser les orques "pour raisons scientifiques" et la totalité de ces animaux seraient anéantis en moins de 2 ans. La Norvège a d'ailleurs fait connaître son souhait de reprendre la chasse a la baleine. Mais c'est bien connu, la bêtise humaine n'a parfois aucune limite...

Du point de vue commercial, c'est en fait la chasse en vue des delphinariums qui représente le plus grand danger. Ainsi, en octobre 1999, des dizaines de dauphins furent tués à Futo (Japon). Une récompense de 30 000 $ par dauphin vivant avait été faite par 2 parcs marins, afin de trouver des dauphins vivants, pour les faire travailler dans leurs shows. Mais pour en obtenir une poignée, les hommes en ont massacré des dizaines. Plus qu'une chasse, c'est en fait un massacre. L'association Japonaise Blue Voice (www.bluevoice.org) était présente et a pu filmer quelques scènes horribles. VOIR LES FILMS: FUTO1, FUTO2, FUTO3 (voir VIDEOS) au Format QuickTime (400 à 550 Ko).
Pour les orques, après une accalmie, elles sont à nouveau la cible des delphinariums. En effet, les responsables japonais (encore eux, ça devient une habitude !!!) du parc marin de Nagoya (un des plus grands au monde) ont déjà placé sur leur brochure, des orques en exhibition. Ce parc, qui n'en possède pas, compte les obtenir par des chasses illégales, avec l'aide des autorités japonaises et russes. Car les orques choisies croisent au large du Kamchatka, péninsule russe située au nord du Japon, prise entre la mer Okhotsk et l'océan Pacifique. Une région où l'homme n'a pas encore, ou si peu, influencé la faune marine. Aujourd'hui, ces orques sont en grand danger. Et combien vont mourir pour alimenter un delphinarium. Déjà, le Nagoya avait sollicité les autorités norvégiennes pour obtenir le droit de chasse pour 6 orques. Heureusement, une réponse négative avait été donnée. C'est donc tout naturellement que le Nagoya s'est adressé à la Russie, économiquement plus affaiblie. Celle ci a cédé aux avances du Nagoya... Mais ni l'un, ni l'autre, n'en sortira grandi...

 

LA CHASSE TRADITIONNELLE:
Aux îles Feroé, une tradition aussi ancestrale que barbare, se perpétue. Chaque année, à la même période, lors du passage des globicéphales, les pêcheurs prennent des petites embarcations et rabattent les animaux vers des zones peu profondes. Bloqués, les globicéphales, qui sont parfois parfois plus d'une centaine, sont alors massacrés à coups de couteaux, de harpons, de barres de bois ou de fer. Une véritable boucherie gratuite qui transforme les eaux limpides en une mer devenue rouge de sang. Un massacre qui continue aujourd'hui encore, mais qui est menacée. Pourquoi ce changement ??!! Le responsable s'appelle le mercure (encore lui !!). Les animaux en contiennent tant, que les autorités sanitaires se sont aperçu que le sang se déversant dans l'eau était capable de rendre les poissons très toxiques. Or, les hommes s'en nourrissent. Du coup, tuer les globicephales, c'est rendre toxique la nourriture des hommes. Un comble... Mais comme d'habitude, c'est l'homme qui prend la décision la plus profitable pour lui. Sans ce constat biologique, on massacrerait encore plus d'animaux dans les îles Feroé.

 

 

 

QUE DIT LA CITES:
La CITES (Convention of International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora) fut signée en 1973 et débuta ses travaux 2 ans plus tard. Elle compte aujourd'hui 153 pays (contre une cinquantaine au début). Les orques sont concernés par cette convention, où elles figurent en Annexe 1 (qui compte plus de 1200 espèces).

Cette Annexe 1 précise que tout animal de cette catégorie est interdit à l'exportation. Mais comme chaque règle, il y a des exceptions, qui sont si générales qu'elles sont de véritables failles juridiques et commerciales. C'est notamment sur ces exceptions que se repose le Japon pour maintenir la chasse à la baleine. Ces exceptions sont:

1 - Trophées de chasse: réservé aux tribus ou petits groupes dont la chasse est une nécessité vitale (nourriture) ou symbolique. Elle est soumise à des quotas. L'exploitation commerciale est totalement bannie.

2 - Captures scientifiques: autorisées exclusivement dans le cadre de la recherche. Le Japon chasse des milliers de baleines pour sa recherche "scientifique". Une faille du système de protection de la CITES...

3 - Animaux captifs de 2ème génération: seuls les animaux nés en captivité et pouvant être utilisés dans des programmes de fertilisation peuvent être exportés. Le Marineland d'Antibes, sous le couvert de fertilisation, a tenté en 2002, le transfert d'une orque âgée de 8 ans, Shouka (non sexuellement mâture), vers la continent américain.

 

 

CONCLUSION:

Lorsque l'on voit ce que les hommes sont capables de faire aux baleines et aux dauphins, on peut se poser des questions concernant les orques. Si demain, un pays, un groupe ou un individu décider de chasser l'orque, celle ci serait exterminée en moins de 2 ans. En effet, souvent localisés en des lieux et des périodes données, il serait relativement facile de les trouver. Seules celles du pôle sud, bénéficiant d'un territoire de chasse beaucoup plus vaste vivraient plus longtemps. Par souci commercial, tout peut recommencer. Certains y songent déjà.

Entre 1910 et 1985, 2 515 441 cétacés ont été tués... En 1961, période la plus meurtrière pour ces animaux, on a abattu 74365 individus, soit plus de 203 chaque jour !!!

La bêtise humaine peut se réveiller à chaque instant (elle ne s'est jamais vraiment endormie...).