Elle occupe une place importante dans la vie des orques, sédentaires ou nomades (environ 60% du temps). La chasse est un véritable spectacle à voir même si parfois, il est cruel... L'orque est le seul cétacé à chasser des proies à sang chaud. Le groupe entier coopère à la chasse. C'est le secret de la réussite: une très bonne coopération pour un excellent résultat. La chasse est différente suivant le type de "proie"...

 

 

Les résidants chassent de manière individuelle ou maternelle (mère et son petit), mais peuvent également chasser en groupe. En cas de chasse individuelle, des éléments quittent le groupe pour aller chasser, puis réintègrent celui ci. Le groupe reste ainsi toujours structuré.

 

Les nomades ont besoin d'une très grande cohésion pour que la chasse soit réussie. Ils vont utiliser une succession de méthodes pour mener à bien leur projet.

 

La chasse en groupe revêt plusieurs formes:

Par exemple,pour la chasse au thon, les orques se placent en éventail afin de ratisser les eaux grâce à leur sonar. Dès qu'une orque repère un banc de saumons ou de poissons, elle avertit les autres membres, qui encerclent alors le banc. Les prédateurs plongent alors tour à tour vers leurs proies, tout en émettant des signaux qui indiquent leur position aux autres membres.

Pour les poissons plus petits ou les calmars, la technique est autre. Dans les eaux norvégiennes, un rassemblement de harengs se fait tous les ans à la même saison, attirant ainsi les orques. Le groupe va, pour ce faire, entourer le banc et se rapprocher le plus possible, adoptant le principe des chiens de berger (qui rassemblent les moutons). Les harengs se retrouvent ainsi serrés les uns contre les autres. Par leur couleur noire et blanche, par leurs cris, les orques effraient terriblement les harengs, qui perdent contrôle. Le banc devient alors moins cohérent, moins structuré. Les orques convergent alors vers ce dernier, qui se contracte et se dilate, comme un organisme. Les orques ne sont pas silencieuses, loin de là. Elles émettent des clics frénétiques à haute fréquence, à 200 dB (décibels), pour neutraliser les harengs, tout en rassemblant les harengs dans une énorme masse ovoïde de plus en plus serrée. Les proies sont stressées, paniquées et incapables de toute réaction cohérente. L'une après l'autre, les orques se retournent et, d'un violent coup de queue, assomment les proies puis foncent dans la masse pour les dévorer. 400 à 500 poissons vont ainsi finir dans l'estomac de chaque orque. Mais le banc n'a que peu diminué tant la quantité de poisson est impressionnante.

 

 

En Antarctique, la technique de chasse est totalement différente. Les proies sont essentiellement des mammifères. L'orque va tout d'abord vérifier la présence de proie en sortant la tête de l'eau, tout en restant à la verticale, et en scrutant la banquise; c'est le spy-hopping. Une fois la cible choisie, l'attaque peut commencer.
Si la proie se trouve sur un morceau de banquise libre, l'orque va alors foncer à grande vitesse sous la glace et frapper celle ci afin de la briser (même 1m d'épaisseur !!!), ou de la secouer. Le but est , bien sûr, de faire tomber la proie dans l'eau et de la dévorer. Cela se passe très vite car l'orque a peu de temps. En effet, les proies choisies sont souvent très agiles dans l'eau. C'est au moment de leur chute depuis la banquise, que l'orque doit agir. Aprés, les chances de conclure sont plus minces...

Sur les iles Crozet, ou en Patagonie, les proies sont sur les plages, et en grande quantité. Les orques vont donc s'organiser autrement pour chasser. La technique est aussi spectaculaire que dangereuse. Au printemps, les plages sont couvertes de phoques, de manchots, de lions de mer et d'éléphants de mer, qui jouent, chassent ou se reposent. Les orques sont, elles, à la limite des eaux profondes. En fait, elles sont proches de la plage car celle ci a une très forte déclivité. Sans cette particularité de configuration de terrain, la technique de chasse utilisée par les orques, ne serait pas possible.
C'est, la plupart du temps, le mâle qui chasse pour sa famille, qui reste,elle, éloignée. Un rabatteur peut néanmoins aider à la chasse afin d'éviter toute fuite de proies. La tactique est simple: l'orque fonce sur sa cible (qui se trouve en bordure de l'eau, dans l'écume). Elle va alors happer sa proie mais va du fait de la très faible profondeur, s'échouer sur le sable. L'animal tient alors sa proie dans la gueule mais est immobilisée. L'orque va alors donner de grands mouvements, s'agitant frénétiquement, afin de glisser vers l'eau, et repartir. Certains phoques ou autres proies connaissent les limites d'échouage des orques, et narguent ces dernières en s'installant juste après cette limite. De plus, leur vélocité est suffisante pour échapper à ce redoutable prédateur. Ce sont donc les distraits, les plus jeunes et les malades qui seront les premières victimes.
Parfois, l'adulte qui rapporte sa proie, s'amuse avec celle ci en utilisant sa gueule ou sa nageoire caudale pour la faire sauter en l'air. A cet instant, celle ci n'est pas toujours morte !!! On ne sait pas si cela a pour but d'initier les jeunes orques à la chasse ou si cala fait partie d'un rituel de chasse...

Une telle adresse nécessite bien sûr un long apprentissage, qui dure plusieurs années. Il peut arriver qu'une orque s'échoue sur le sable, sans pouvoir repartir. La mort est alors inévitable. En effet, sans l'effet porteur de l'eau salée, la masse de son corps écrase ses poumons, ce qui conduit à l'asphyxie. De plus, non protégée, sa peau devient très vulnérable et l'animal de dessèche alors très vite...

Les scientifiques ont remarqué que certains cétacés s'adaptaient à la présence des orques, en cessant toute vocalise afin de rendre difficile leur localisation. Cela fonctionne si les orques sont à une distance relativement importante. N'oublions pas, qu'en plus d'être un stratège, l'orque a une très bonne vue (dans et hors de l'eau) couplée à un puissant sonar...